Edito 2016 et bilan de l’année passée

J’ai lu partout que c’était une bonne chose que 2015 soit finie. Une année de merde pour la plupart, une année difficile pour les autres. Certes, ce fut l’hécatombe, où les tueries brutales ont autant fait l’actualité que les catastrophes écologiques sans précédent. Malheureusement, j’ai le regret de vous annoncer que 2016 se déroulera probablement dans le même ton, car ce qu’il se passe en ce moment n’est pas un problème d’année, mais d’époque. Une période dure, qui ne s’est pas terminée au dernier réveillon. Il serait alors temps d’accueillir le reste, le positif, sans pour autant blâmer le calendrier, simple formalisation des sempiternelles révolutions de la Terre autour du Soleil. Et de cette année 2015, j’en ai personnellement retiré beaucoup d’éléments positifs.

 

J’y ai par exemple rencontré une personne exceptionnelle. Un peu gauche, elle a eu un peu de mal à s’affirmer au début, mais s’est révélée être « le mec le plus drôle du monde » au fil du temps. Celui-ci m’a tour à tour émerveillé, surpris, inquiété, interrogé, mais ne m’a jamais transmis une quelconque négativité. L’innocence incarnée, palpable, presque surnaturelle dans ce monde violent et sans scrupule. Voilà, en 2015 j’ai découvert la paternité. Mon fils a aujourd’hui un peu plus d’un an et oui, à ses côtés, ce fut une année extraordinaire.

 

2015 a aussi été pour ma part une année placée sous le signe de la créativité. Entre autres choses (photographies, dessins, créations de jeux), avec Third Editions nous avons sorti un livre sur la série des Souls. Il a été particulièrement bien reçu par les lecteurs, qui y ont trouvé leur compte, la version collector (et limitée) s’étant même épuisée au bout de quelques jours. Les autres ouvrages de Third ont également l’air de s’être bien vendus, et je me dis que c’est une bonne chose que des mecs comme eux, motivés et plein d’idées, soient arrivés l’année dernière dans le paysage vidéoludique. Les jeux vidéo popcorn (popporn même, terme plus représentatif de notre société), c’est très sympa, mais se poser un peu pour réfléchir sur ce média qui nous fait tant vibrer est, à mon sens, un mal nécessaire pour ouvrir la porte à une évolution des mentalités, à une ouverture d’esprit qui n’existe que trop peu dans ce milieu. Bon, ça reste difficile d’imposer un bouquin de 200-300 pages à un grand public qui se délecte de vidéos « courtes et dynamiques » sur Youtube, mais l’idée est là, et je la soutiens.

Lors de l’édito de l’année dernière, j’avais d’ailleurs émis le souhait de recentrer Chroniques-ludiques.fr sur ses chroniques, mettant plutôt en avant des textes travaillés et concis, que des articles à rallonge, indigestes et perclus d’images inutiles. Je ne sais pas vraiment si le concept vous a séduit, mais personnellement, je suis assez content du résultat. Ainsi, je continuerai le principe sur cette année qui débute, avec des articles de préférences courts et anglés sur un point précis, au lieu de tests passant en revue chaque caractéristique des jeux. Toutefois, je n’oublie pas les analyses un peu plus touffues, comme celle de Bloodborne ou Life is Strange, qui ont souvent eu un certain succès en ces lieux.

 

Pour finir, en 2015, et même plus que lors des années précédentes, j’ai été impressionné par le nombre d’œuvres de qualité qui ont défilé devant mes yeux. C’est l’heure du bilan.

D’habitude, je fais un top 1. Un jeu se détache du lot, et me botte suffisamment pour en faire ce que l’on appelle un GOTY (Game of the Year). Cette année, il y en a eu trois. Et trois RPG en plus de ça. 2015 fut vraiment un bon cru :

  • The Witcher 3, pour sa qualité d’écriture remarquable, ses personnages inoubliables (le Baron Sanglant, bordel) et son univers authentique. Donc oui, on peut créer un RPG en monde ouvert et savoir raconter des choses. Prenez-en de la graine, les concurrents.
  • Bloodborne, qui, même s’il est moins marquant que Dark Souls, possède une certaine aura et propose une aventure sombre et prenante, ainsi qu’un hommage hors norme à Lovecraft et au gothique. Le meilleur jeu sur PS4 à ce jour.
  • Pillars of Eternity, un retour aux sources du RPG sur PC. Un retour à l’époque Baldur’s Gate, mais pas que. Pillars of Eternity se montre également plein de ressources (un peu trop parfois, syndrome « trop financé » sans doute) et met encore une fois en avant une écriture au top, un poil bavarde certes, mais toujours passionnante.

J’ai également tenté Brothers – A Tale of Two Sons, et ce fut un voyage magnifique, le temps des quelques heures que dure le jeu. On pourrait aussi citer Life is Strange, d’une justesse redoutable même s’il souffre de nombreux défauts, notamment liés au format épisodique qu’utilisent désormais pas mal de titres (les jeux Telltale ou la remise au gout du jour de King’s Quest récemment).

 

En aparté des sorties de jeux vidéo, je retiendrai surtout ça de 2015 :

Un medley sur Final Fantasy VI de presque 20 minutes, réorchestré et arrangé lors du concert Final Symphony. Je crois que c’est ce qui m’a mis le plus une droite cette année. D’ailleurs, je ne m’en suis pas encore remis. KO au premier round.

Côté séries, mes coups de cœurs vont à Mr Robot et The Leftovers. La première pour son rythme étouffant et son côté anarchiste bien senti qui fonctionnent sans problème. La seconde, et notamment sa nouvelle saison, pour sa justesse, ses personnages et son écriture aussi surprenante qu’accessible. The Leftovers est une vraie série post-apocalyptique. C’est dur, poignant, parfois sans espoir, mais on a envie que ses héros, ses survivants, ses laissés pour compte, s’en sortent. Vivement la troisième (et dernière) saison, qui déterminera si oui ou non, elle a sa place parmi les séries cultes.

Vice-versa est mon film de l’année. Il y a tout dans ce film, regardez-le.

Pour les bouquins, je ne pense pas en avoir lu de ceux sortis en 2015, mais de ceux que j’ai dévorés cette année, mon coup de cœur va à l’Homme qui rit de Victor Hugo. Pour les intéressés, j’ai écrit une bafouille sur SensCritique.

 

Maintenant et pour terminer ce long texte certainement bien chiant, quoi attendre de 2016 ? Qu’elle me surprenne une nouvelle fois, et particulièrement au niveau des RPG.

  • Dark Souls 3 sort dans quelques mois, j’ai beaucoup d’appréhension à son sujet, mais je veux y croire.
  • Torment - Tides of Numenera, toujours annoncé avec un vague 2016. La suite du génialissime Planescape Torment, avec un budget « indé » de 5 millions de dollars, ça me semble fou, et bientôt à portée de clic. J’ai hâte ! Plus que hâte !
  • Final Fantasy XV, parce que je reste un fan aveugle de la série. J’ai rien lu, rien vu sur le jeu. Je veux être surpris, je veux voyager, je veux savourer chaque instant passé avec ce quinzième opus.
  • Persona 5, car le 4 fait parti des meilleurs RPG sur PS2, tout simplement.

Bref, 2016, surprends moi avec tes œuvres, redonne le gout de la lecture au gens, ne fais pas trop pleurer mon bébé, et ne décime pas trop de vies innocentes. Stp.

 

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