Shovel Knight – la pelle du old school

Cela a déjà été dit des centaines de fois, Shovel Knight est un petit bijou, un concentré de bonheur vidéoludique comme on aimerait en voir plus souvent. Et bien vous lirez une fois de plus ce discours dithyrambique en ces lieux : le titre des californiens de Yacht Club Games est parfaitement réussi, recomposant sans faillir tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration d’une véritable madeleine de Proust du joueur ordinaire. Mais alors, pourquoi celle-ci a-t-elle bon gout là où la plupart se montrent trop sucrées ou trop fades ?

Shovel Knight, c’est à la fois une déclaration d’amour aux anciennes célébrités du jeu de plateformes, Megaman en tête, et une accolade respectueuse au game design moderne. Faire de l’œil au retro, en collant de près aux attentes des joueurs d’aujourd’hui, voilà un exercice plutôt casse-gueule, déjà éprouvé par beaucoup de titres, et malheureusement raté pour la plupart.

Du pixel art, ici assez basique, aux entrainantes musiques chiputnes, en passant par des contrôles simples, tout est là pour rappeler l’époque 8/16 bits. Sur la forme, c’est vu et revu, classique mais au top de l’efficacité. Mention aux compositions endiablées ; de celles qui restent en tête une fois le jeu quitté (le village !) à celles des boss qui virevoltent autant que ces derniers, l’ost a de quoi ravir le plus blasé des joueurs nostalgiques. C’était mieux avant, peut-être, mais ça n’a jamais été aussi bon que maintenant !

Sur le fond en revanche, Shovel Knight innove un peu plus. Bon, en réalité il emprunte les bonnes idées des copains, mais on ne va pas non plus trop s’en plaindre. Le but ? Ne pas frustrer le joueur. Ce même joueur qui, jadis, avait laissé une partie de ses articulations et, on peut le dire, toute sa santé mentale sur les différents Megaman. Aujourd’hui, il convient de le laisser dans une certaine bulle de confort, et ça, les développeurs de Yacht Club Games l’ont bien compris. En réalité, il est difficile de gaspiller du temps à jouer à Shovel Knight pour rien. Ramassez un trésor, et ce ne sera plus à faire. Mourrez, et la sanction ne sera pas trop punitive. En effet, même si une partie des pièces d’or obtenues s’envole à chaque mort du joueur, il est possible de les récupérer en parcourant à nouveau l’endroit (sans périr) jusqu’au passage fatal. Même si le concept des âmes de Dark Souls n’est pas loin, cette intégration pour un jeu de plateformes apparait tout à fait convenable. Ainsi, on apprend de ses erreurs et il est toujours possible, pour peu que l’on soit prudent, de ne pas tout perdre à chaque faux pas. A noter toutefois un côté un peu trop die & retry dans les niveaux avancés, où les pièges se forment au dernier moment, obligeant souvent une première défaite du joueur. En contrepartie, le challenge est bien présent, tout en respectant, comme dit plus haut, cette zone de confort propre au gamer contemporain, cette impression de ne pas jouer pour rien.

A cette difficulté savamment dosée, vient s’ajouter un vrai sens du rythme. Même si le jeu est classiquement découpé en niveaux, accessibles via une carte de la région tout droit sortie de Super Mario Bros. 3, les temps plus calmes, de visite au village par exemple, ne sont jamais trop envahissants et permettent de souffler un peu entre chaque « donjon ». En effet, ces derniers se montrent particulièrement denses, parfois longs, et parfois difficiles entre deux checkpoints salvateurs. Dans tous les cas, ils se terminent face à un boss, un défi unique pour une expérience de jeu toujours excellente, rappelant encore une fois les grandes heures des Megaman. Notons qu’une fois un niveau entamé, il est nécessaire de le terminer sans quitter le jeu, ce qui demande une bonne dose de concentration et un peu de temps devant soi. De temps à autres, des défis ou des boss annexes apparaissent sur la carte du monde, permettant ainsi de se changer les idées au milieu d’un schéma répétitif donjon/village qui pourrait agacer sur la longue. Une longueur de jeu d’ailleurs un peu courte, puisque la fin se dévoile tranquillement en moins de 6h. Quelques heures seulement, mais pour un excellent moment. Bref, aucun regret à l’horizon !

 

Une réflexion sur “Shovel Knight – la pelle du old school

  1. En effet, très bon jeu que ce Shovel Knight (dans lequel j’ai quand même vu plus de Duck Tales que de Megaman ^^).

    D’ailleurs, si tu as aimé, je te recommande chaudement le DLC Plague of Shadows (gratos normalement) qui est vraiment excellent (Plague Knight !) et qui double la durée de vie du jeu en le revisitant avec un gameplay totalement différent.

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