Borderlands

Après avoir vite déchanté sur le très mauvais Hellgate : London, j’avais énormément d’à priori sur Borderlands. Tous deux des hack’n slash en vue à la première personne et à l’ambiance post-apocalyptique, on pouvait craindre les mêmes écueils. Le genre n’est pas évident et Gearbox Software, le studio créateur de Borderlands, n’avait pas vraiment d’expérience dans le domaine contrairement aux développeurs de Hellgate (je pense notamment au célèbre Bill Roper déjà à l’origine de la série Diablo chez Blizzard). Pourtant Borderlands est nettement mieux maitrisé, plus agréable à jouer et moins monotone.

Un passage excellent de la première extension.

 

Tout d’abord, l’humour joue un rôle important dans cette réussite. En effet le jeu est très drôle et les cut-scenes, même si elles sont rares, sont tordantes. Chaque personnage, ami ou ennemi, est présenté par une courte vidéo réalisée avec beaucoup d’humour. C’est encore plus vrai dans les extensions où les auteurs se sont carrément lâchés. Le tout est blindé de références cinématographiques en tout genre. Bref les bonshommes rencontrés dan le jeu ont du caractère et ce n’est pas pour nous déplaire ! D’ailleurs la mascotte du jeu est un petit robot débile qui dit raconte sa vie à longueur de temps, ou danse et chante sans but. Il y a d’ailleurs toute une série de robots à rencontrer tout au long du jeu et à chaque fois on se gausse. De plus, moyennant une petite quête annexe, ils vous emmèneront dans des cachettes remplies d’armes aussi rares que puissantes. Du bonheur ces bestioles je vous dis !

Le fameux clap trap. Copain !

 

En parlant de quête annexe, Borderlands en est rempli. Et à ras bord... Malheureusement ça finit par déborder. Si au début on est tout guilleret de faire telle et telle mission entre deux morceaux de quête principale, le système s’essouffle assez rapidement. Ces missions sont chiantes et n’ont pour autre but que de rapporter un équipement (souvent moins bon que ceux trouvés ça et là) ou de l’expérience (le jeu est généreux sur ce point là par contre, huhu). Le scénario du jeu, déjà très pauvre à la base, n’est pas du tout étoffé par ses missions subsidiaires et c’est bien dommage. Cela dit on trouve quand même quelques chouettes annexes qui nous emmènent dans de nouveaux lieux, de nouveaux décors. Il subsiste donc un certain plaisir de la découverte, celui qui te plonge dans un monde inconnu, celui de la planète Pandora.

Le journal des quêtes, principales ou annexes.

 

Les environnements de Borderlands ne sont pratiquement que ruines et déserts. Sur le fond d’un phénomène paranormal (l’histoire du jeu est basée sur la recherche d’une arche mystérieuse qui donnerait de grands pouvoirs, n’est ce pas original ?), l’ambiance du jeu se rapproche quand même plus d’une certaine trilogie Mad Max. Le monde est hostile, les buggies customisés se font la bourre et se tirent dessus et les gangs, très nombreux, font leur loi à coup de mitraillettes. C’est l’anarchie totale et, comme d’habitude, vous êtes seul contre tous (ou mal accompagnés si vous jouez avec des amis, mais on y reviendra). Les graphismes en cell shading apportent un gros contraste à cet univers violent et lui permet d’apporter une touche cartoon, humoristique, assez unique et originale. Ce n’est pas terne et tristounet comme dans Hellgate. Ici on découpe, on dégomme du vilain et on résout de la quête nulle dans la bonne humeur. Mais d’ailleurs, avec quoi on découpe et on dégomme ?

Un coffre renfermant surement des armes intéressantes.

 

Ca me semble évident : des bonnes et grosses armes bien baveuses ! De ce côté-là, le titre est outrageusement généreux. Il y a quelques catégories (fusils à pompe, mitrailleuses, lance-roquettes, pistolets, etc.) et des dizaines et des dizaines d’armes pour chacune d’entre elle. Enfin, des centaines surement. Je n’ai pas compté mais c’est une grosse orgie à chaque lieu visité ou chaque boss affronté. L’inventaire n’est pas très complexe et se résume à la possibilité de porter quatre armes, un bouclier, des grenades et mod de classe comme ils appellent ça, qui correspond en gros à un booster de compétences. Et oui, comme tout bon hack’n slash qui se respecte, au début du jeu vous choisissez une classe de personnage qui va conditionner un  d’arbre de compétences. Celui-ci est vraiment light pour le genre, et malheureusement sans surprise. A chaque niveau vous obtenez un point de compétence à dépenser dans les techniques que vous jugerez utiles. Il n’y a pas vraiment de spécialisation une fois la classe choisie. Le tout reste très classique. Pas de prise de risque mais pas vraiment d’enthousiasme non plus du coup. Petit regret, il y avait de quoi faire vu le look et le côté déjanté des personnages.

L'inventaire peu ergonomique.

 

Il y a quatre classes de personnage et, la vie est bien faite, le jeu propose un unique mode multi-joueurs coopératif jusqu’à quatre. Que dire si ce n’est que vous reprenez les éléments décris ci-dessus, et vous factorisez selon le degré de connerie des amis avec qui vous jouez. Si le degré est fort, vous allez vachement vous amuser. S’ils sont chiants c’est une autre histoire, jouez seul ! Trêve de plaisanterie, je ne recommande pas du tout de jouer avec des inconnus (les mecs « random » sans micro, sans âme, vous voyez ?), il vaut mieux découvrir le jeu en solo plutôt qu’avec des gens qui foncent directement à la fin du niveau ou qui n’ont pas du tout les mêmes délires. Ca peut paraître évident, mais Borderlands n’a pas du tout été pensé pour jouer comme ça (même si c’est proposé) : le mode multi-joueurs n’a strictement rien de plus gratifiant que le mode solo. Pas de défi intéressant, de scoring ou autre stimulant pour se surpasser. Bref jouez seul ou avec des potes, mais pas avec des mecs au pif sinon l’expérience sera sensiblement moche.

Les quatre classes disponibles.

 

Borderlands est un bon jeu mais il souffre quand même d’un sérieux manque de renouvellement tout au long de l’aventure. Ce n’est pas très flagrant non plus car les bases sont solides et l’univers aussi impitoyable que drôle nous scotche devant l’écran et ce, en dépit d’un scénario vraiment trop classique. D’ailleurs la majorité des éléments mis en place dans ce jeu sont ultra classiques, mais cela reste bien efficace. Je regrette donc l’absence de prise de risque, mais acclame quand même le premier hack’n slash FPS pour lequel on ne s’endort pas au bout d’une heure. Enfin !

On peut conduire ces véhicules mais c'est tellement injouable et lassant que j'ai préféré ne pas en parler dans l'article !

2 réflexions sur “Borderlands

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