Divinity Original Sin 2 – JDR RPG entre papier et clavier

Débutée en 2002 avec Divine Divinity, la série des Divinity a parcouru bien du chemin depuis. Elle a notamment fait vivre ses créateurs (les belges de Larian Studios), sans toutefois leur éviter quelques sueurs. En effet, si les critiques étaient souvent bonnes, les ventes ne suivaient pas à tous les coups. Heureusement, grâce au Kickstarter monté pour financer le premier Divinity Original Sin, Larian avait récolté près d’un million de dollars. Le second Original Sin suivit le même mode de financement, pour finalement accumuler la rondelette somme de deux millions (de dollars, toujours). Evidemment, le résultat était attendu, par une communauté sans cesse grandissante, qui à sa sortie, a découvert un très bon RPG au tour par tour, en vue isométrique, dans la veine du premier volet. Ce dernier avait alors posé les solides bases de cette suite, qui les a améliorés sans demi-mesure.

 

Direction artistique

Dans la veine de son prédécesseur, Divinity Original Sin 2 se montre joli et cohérant, sans être incroyablement original ou marquant. Quant aux musiques, c’est beaucoup mieux qu’espéré. Le thème musical du jeu (superbe au demeurant, l’OST tabasse) est souvent réutilisé, dans de multiples déclinaisons toujours de bon goût. Encore une fois, rien de très original à l’horizon, mais le boulot est fait, et convaincant.

Interface / ergonomie

Comme la direction artistique, l’interface est plutôt classique. Elle se veut claire, sans non plus être des plus ergonomiques, surtout lorsqu’il s’agit de gérer le groupe d’aventuriers plutôt que l’individu. Par exemple, le transfert d’objets, tâche redondante, reste pénible, tout comme l’association de gemmes aux équipements. De plus l’accumulation d’objets plus ou moins utiles, rend les inventaires illisibles en fin de jeu. Une nouvelle fois, le craft ne sert à rien, ce qui semble devenir une fonctionnalité constante et inintéressante issue des jeux au budget Kickstarter démesuré (on parlait déjà de l’artisanat stérile de Pillars of Eternity). Côté combats, on peine parfois à viser la bonne cible, la vue isométrique n’étant pas toujours parfaitement opérationnelle, surtout lors des affrontements au corps à corps. Heureusement, en appuyant sur une touche (O, en l’occurrence), l’écran bascule en mode tactique, en vue du dessus, où l’on discerne correctement les personnages et les objets, même si le zoom reste trop important et rend cet angle de vue inexploitable autrement.

Narration

Le parti pris narratif est plutôt original, car il se place vraiment du côté du joueur, à l’image du jeu de rôle papier. Durant les dialogues, on donne ses indications, à la troisième personne du singulier, comme si on parlait au maître de jeu, et la conversation suit son cours. D’ailleurs, il existe un mode Maître de jeu, qui permet de créer ses propres scénarios, sa propre aventure, et la faire vivre à un groupe de copains.

Rythme

Comme tout RPG occidental qui se respecte, Divinity Original Sin 2 propose beaucoup de textes, notamment au travers de bouquins et de nombreux dialogues, donc côté rythme, on a vu plus entrainant. Néanmoins, l’aventure reste toujours agréable à parcourir, et le dosage exploration / combats parait équilibré. Les deux premières îles sont passionnantes. La suite, malheureusement, baisse un peu en intensité, la faute à des affrontements peu équilibrés (on passe du très facile à du très dur), et des environnements moins inspirés, et par conséquent moins intéressants à parcourir.

Histoire

Globalement, la quête principale et les (très) nombreuses quêtes secondaires s’avèrent être réussies. On n’échappe pas au bug de résolution des quêtes, ni aux prétextes un peu banals pour faire du combat obligatoire, mais dans l’ensemble, il y a peu de fausses notes dans l’écriture des quêtes. Quant à l’univers, il s’agit évidemment toujours de Rivellon dans lequel se déroule l’histoire. Cet univers m’avait beaucoup plu à l’époque de Divinity 2 : The Dragon Knight Saga, par son côté décalé, un peu parodique de l’heroic fantasy. Dans Original Sin 2, le ton est davantage dramatique, et les personnages comptent moins d’excentriques et de poètes satiriques dans leurs rangs. Evidemment, on retrouve quelques répliques très drôles, des références à droite à gauche, mais cet exercice d’écriture reste plus timide que pour ses prédécesseurs.

Un mème bien connu, interprété aléatoirement par un personnage secondaire lambda.

Mécanismes de jeu

Outre son impressionnante liberté narrative, l’autre grande qualité de Divinity Original Sin 2 réside dans ses mécanismes, et plus particulièrement son système de combats. Outre la gestion des éléments (déjà présent dans le premier épisode), qui permet de combiner feu, glace, eau, etc. pour piéger et affaiblir ses adversaires, c’est surtout l’organisation du placement qui garantit des joutes passionnantes. Un archer devra se trouver en hauteur pour infliger d’énormes dégâts, les guerriers ont besoin de se faufiler dans la mêlée, tandis que les mages restent en arrière, esquivant au maximum les mauvais coups. Rien de vraiment original dans ce scénario, à cela près qu’un déplacement proche d’un adversaire déclenche une attaque de sa part (et gratuite pour lui), qui peut faire très mal. Il est donc nécessaire de se placer sans frôler les ennemis. Pour cela, un tas de sorts et de compétences de déplacements et de téléportation deviennent disponibles selon les classes. Il faut jouer avec ces possibilités afin de trouver le meilleur placement (durant un temps, en tout cas) et espérer vaincre les ennemis, souvent plus nombreux et plus forts. En résulte des combats au tour par tour prenants, vraiment tactiques, où les possibilités se forment et se déforment selon l’espace libre et les téléportations disponibles. Très, très bon aspect du jeu.

Level design

On reste dans du RPG occidental en monde semi-ouvert (les zones sont grandes, mais délimités). Pas vraiment de level design poussé à l’horizon, il devient même franchement basique et peu intéressants dans les quelques grottes et donjons souterrains. Le jeu est découpé en îles, avec chacune une géographie propre, sans grande surprises toutefois. Néanmoins, on en parlait précédemment, les possibilités de téléportations ouvrent parfois des chemins cachés, et amènent à des solutions inédites aux évènements.

Prise de risque

Etant donné que Divinity Original Sin 2 est une version grandement améliorée de son ainé (déjà bon, et salué par la critique), et qu’il est passé par un Kickstarter plus que réussi, on ne peut pas vraiment parler de prise de risque ici ! Il remplit parfaitement le lourd cahier des charges des RPG occidentaux, en apportant son lot de mises au point et d’améliorations, nécessaires à un genre qui peine à se renouveler, perdu ces dernières années dans des mondes ouverts sans saveur (hors The Witcher 3 : Wild Hunt, évidemment).

 

Verdict

Non dénué de défauts, notamment une deuxième moitié en dents de scie niveau intérêt, Divinity Original Sin 2 est un excellent RPG. Un de ceux qui marquent, autant par ses possibilités étourdissantes pour résoudre un problème, que par la complexité tactique de ses combats. Vous ne serez pas forcément surpris si vous connaissez le premier épisode, mais dans tous les cas, vous vivrez une aventure brillante. On espère voir des "campagnes" inédites imaginées par les joueurs, qui bénéficieront notamment du mode Maître de jeu, afin de retrouver des sensations proches du jeu de rôle papier !

 

Liens utiles

http://divinity.wikia.com/wiki/Divinity_Wiki

 

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