Rogue Legacy, entre tares génétiques et génie diabolique

 

En allant un peu vite, on pourrait lire et penser Rogue Galaxy. Souvenez, ce sombre sous-RPG édité sur Playstation 2 par un Level-5 déjà peu en forme à l’époque. Mais passons et fermons la parenthèse, aujourd’hui nous allons parler d’un autre action-RPG, passionnant ce coup-ci, et aussi bourrin qu’exigeant. Rogue LEGACY, donc, le bienheureux.

 

Le jeu est bourré de salles cachées. Certaines contiennent même des anecdotes des développeurs !
Le jeu est bourré de salles cachées. Certaines contiennent même des anecdotes des développeurs !

 

Le concept du jeu est d’une simplicité surprenante, doublée d’une efficacité affolante. En gros, vous n’aurez d’autre choix que de crever la bouche ouverte et laisser la place à votre héritier, et ce, à l’infini (et au-delà). La seule variable inconnue est « combien de temps allez-vous tenir ? ». En effet, après chaque game over, vous récupérez un nouvel héritier, et recommencez le donjon unique du jeu depuis le début. Le but du jeu étant évidemment de boucler ce donjon infernal et tuer le méchant. Si vous perdez à chaque fois tout votre incroyable charisme, vous héritez tout de même de toute la fortune de votre ancêtre, permettant d’upgrader vos armes, armures et votre château.

 

Niveau 71. Bonjour, je suis mort 71 fois.
Niveau 71. Bonjour, je suis mort 71 fois.

 

Le château est l’élément central de la progression de votre tribu. Les murs en pierre ne meurent jamais, on apprend plein de choses avec Rogue Legacy, et vous les retrouverez intacts une fois dans la peau de votre nouvel hurluberlu… avec toutes les progressions préalablement installées. Plus de dégâts, de magie, de récolte d’or et un tas d’autres améliorations qui changent une vie de preux chevalier. Vous aurez l’occasion d’y débloquer de nouvelles classes. Et oui, il y a aussi plusieurs classes !

 

La carte du donjon permet rapidement de voir où on en est.
La carte du donjon permet rapidement de voir où on en est.

 

A chaque nouveau cycle, ou nouvelle génération si on reprend le jargon, vous aurez un choix à faire entre trois héritiers. C’est totalement au pif, avec des mecs ou des nanas, disponibles dans différentes classes. Rogue Legacy en propose une petite dizaine, il y a de quoi faire. Malheureusement, seulement quelques unes sont vraiment balèzes à jouer (Paladin et Roi/Reine barbare, à mon humble goût) et on se surprendra à pester lorsqu’on ne les voit pas dans la sélection ! Le petit détail, mais celui qui fait toute la différence, c’est que vos bonhommes ont tous un trait génétique particulier. Et quand je dis trait, je veux dire tare. De manière générale, vous n’allez jouer que des handicapés. C’est présenté de manière très drôle, parfois subtile, parfois moins. Une vision trouble, une dyslexie, une taille disproportionnée, une tendance à exagérer, un poids plume, bref la liste est longue comme le bras et l’interaction avec le gameplay toujours bien trouvée. Vous devrez donc jouer entre les classes et la génétique pour choisir votre héritier(e) préféré(e) et avancer dans ce donjon qui n’en finit pas de vous montrer son hostilité !

 

Certainement un handicap des plus difficiles à maîtriser.
Certainement un handicap des plus difficiles à maîtriser.

 

Et, des pièges, il en a sous la manche, cet enfoiré. Un vrai personnage à part entière, ce donjon. Les niveaux étant générés aléatoirement, vous ne saurez jamais sur quoi vous allez tomber. Quatre environnements, boss inclus, structurent le tout. Tout est ouvert, libre d’accès, mais la difficulté est tout de même prédéfinie et il ne vous faudra pas très longtemps pour comprendre l’ordre logique des choses. La seule constante du lot : vous aller mourir souvent. Très souvent. Les ennemis sont agressifs, puissants et sournois, tandis que le décor est là pour vous piéger, puis pour vous tuer. Se retrousser les manches est un bon début avant de s’attaquer à Rogue Legacy car la difficulté est assez élevée. Par contre, manette en main, le gameplay est super agréable et la marge de progression, énorme. L’ensemble de ces éléments en fait un jeu addictif. Comprenez l’euphémisme ici, c’est une putain de drogue dure. Une de celle qui m’a obligée à terminer le jeu cinq fois avant d’être rassasié. Ce n’était pas arrivé depuis Link’s Awekening ou Secret of Mana (les vacances d’été, c’était bien quand on était jeune…), c’est dire. Bon, Rogue Legacy est plus court tout de même. 10-12h la première fois, puis le temps de rush du donjon baisse au fur et à mesure des New Game +, qui eux montent en difficulté. Prévoyez un emploi du temps au régime avant d’installer ce jeu. C’est un avertissement comme un autre.

 

Bon, le New Game + n'est pas un exercice évident non plus.
Bon, le New Game + n'est pas un exercice évident non plus.

 

Voilà, Rogue Legacy est mon coup de cœur 2013 (bon, sans compter Bioshock Infinte, hein, évidemment). L’année n’est pas finie, mais je m’avance, ce jeu va de toute manière enterrer les prochaines sorties. Un must have comme on dit. En fait, Rogue Legacy est exactement le genre de jeu que j’attends de la scène indépendante. Fun, rapide, prenant, marrant, et avec un peu de challenge par-dessus le marché. C’est quand même pas compliqué, mais quand c’est réussi je n’ai qu’un mot à dire : MERCI.

 

Qualités

  • A vrai dire, il n’y a rien à jeter

 

Défauts

  • Quelques rares bugs de collision
  • Certaines classes ne sont pas terribles
  • Les boss en New Game + (…+) sont trop faciles

 

Note globale : 4.5/5

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5 réflexions sur “Rogue Legacy, entre tares génétiques et génie diabolique

  1. Bonjour,
    Si j’ai bien compris, ce jeu indépendant pourrait qualifier de mix entre RPG et jeu de plateformes ? Est-il décliné sur plusieurs supports ? Au fait, tu as une image à l’envers, non ? (la 4°) En tout cas, du point de vue graphismes et couleurs, ce jeu n’a rien à envier aux autres même s’il est en 2D. Dommage qu’il y ait un déséquilibre entre les classes.

    1. Ouais c’est vite fait plateforme, mais pas trop en fait. C’est rapide, fun et bourrin en tout cas.
      Pour l’image à l’envers, c’est une des tares génétiques dont je parle dans la chronique… Un exemple bien relou à jouer 🙂

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