Peut-on voyager par l’intermédiaire du jeu vidéo ?

 

Xenoblade, Baten Kaitos, Journey, Final Fantasy, Shadow of the Colossus, et tout récemment Ni No Kuni, voilà autant de jeux vidéo qui ont permis à un grand nombre de joueurs de voyager sans bouger de leur canapé. On parle ici de réelles sensations de voyage, de découverte. C’est totalement virtuel, à priori incomparable à une véritable aventure en chair et en os dans un pays étranger, mais pourtant le ressenti n’est pas si éloigné. Les connexions du cerveau, l’imaginatif, arrivent à cerner l’impression de voyage créée par le média du jeu vidéo.

 

On va tout de suite mettre de côté la comparaison avec le monde du cinéma ou de la littérature, même si ces deux médias arrivent également à faire vibrer la corde du voyageur qui sommeille en chacun de nous, titillant une nouvelle fois l’imagination. Non, ici on parle vraiment de jeu vidéo. Le fait d’avoir le contrôle, manette en main, du personnage qui vit l’aventure, provoque un sentiment beaucoup plus particulier que de rester simple spectateur ou lecteur d’une histoire. Si les aspects créatifs sont sensiblement proches, le fait de diriger le déroulement des évènements change radicalement la donne. Libre au joueur de rester plusieurs minutes à contempler un décor, libre au joueur de parler à tous les habitants d’une ville, libre au joueur d’aller explorer, ou du moins essayer, une grotte à plusieurs kilomètres de là, libre au joueur de faire sa petite vie dans un monde créé de toute part. Evidemment, cela dépend du jeu, et si j’en fais une généralité vous comprenez à peu près où je veux en venir : le jeu vidéo n’est pas intégralement lié à une narration ou une mise en scène, l’avancée repose en grande partie sur les interactions avec le joueur. Et c’est ça qui est beau et qui peut créer, si c’est bien fait, le sentiment fort de vivre une aventure, de faire un voyage.

Alors, sauriez-vous me dire quel endroit est réel ? A gauche, ça se passe en Chine, à droite, c'est Far Cry 3.
Alors, sauriez-vous me dire quel endroit est réel ? A gauche, ça se passe en Chine, à droite, c'est Far Cry 3.

 

Préparation

Quand on souhaite partir en voyage, on se renseigne. Certaines destinations font rêver, d’autres sont intrigantes, dangereuses ou que sais-je. Et bien le jeu vidéo c’est un peu pareil en fait. Vous avez un aperçu au travers de bandes-annonces, d’articles, de captures d’écran, de mecs qui y sont déjà allés, qui y ont joué. Quand on cherche un bon jeu, parmi un catalogue, c’est un peu comme si on se renseignait sur un voyage. Un tel est difficile, celui-ci coûte cher car il faut acheter beaucoup de DLC pour en profiter, un autre dispose d’un univers particulièrement riche et bien écrit. Bref, toutes sortes de critères qui vont plus ou moins correspondre aux attentes du joueur.

Une fois le précieux trouvé, là où vous vous procureriez un bon et (presque) fiable Lonely Planet pour vous renseigner un minimum sur le pays que vous souhaitez visiter, l’équivalent vidéo-ludique pourrait être le manuel du jeu, expliquant quelques bases de l’univers et ce qu’il va vous arriver concrètement une fois que l’aventure aura commencé, présentant même parfois la carte détaillée de la ville ou la région où se déroulent les évènements. Certes, ces dernières années le manuel a tendance à devenir rachitique, voire ridicule, mais certains éditeurs perdurent à vouloir garder cet esprit de mini-guide pour voyageur au sein de leur boite de jeu. Merci à eux donc. On trouve également des guides bien plus complets, estampillés Piggyback ou Prima, qui, en mettant de côté tout ce qui concerne le cheminement de l’histoire, retranscrivent bien tout ce qu’un voyageur peut attendre d’un guide.

 

Suivez le guide !
Suivez le guide !

Enfin, la dernière étape à la préparation d’un voyage est la définition d’un itinéraire. Pour le coup, le jeu vidéo ne laisse pas trop la main sur cet aspect, la narration prenant forcément le dessus à un moment ou un autre. Le voyage mis à part, il faut quand même raconter une histoire, avec un début et une fin. Cependant, à l’image d’une agence de voyage qui ferait tout le boulot à votre place, une histoire bien écrite risque plus que jamais de vous transporter dans cet autre monde. Si à la fin du jeu, vous vous souvenez de chaque lieu, chaque arrivée, chaque départ, chaque rencontre importante, chaque évènement décisif, que vous ressentez une certaine nostalgie lorsque l’écran de générique défile, c’est que le jeu, par sa narration et le choix de chaque étape de son itinéraire virtuel, vous aura fait voyager. Il existe ensuite les jeux vidéo à monde ouvert, les bacs-à-sable. En gros vous faites ce que vous voulez, vous allez où bon vous semble, quand bon vous semble. La sensation de voyage émerge également assez facilement de ce genre de jeux, mais gare à l’ennui passé plusieurs heures, et surtout au bout du huitième aller-retour. C’est un peu comme aller vivre à l’étranger, on finit par tomber dans la routine et avoir perdu de vue l’objectif que l’on s’était fixé au début du périple.

Il y a des étapes, comme le train fantôme de Final Fantasy 6, qui marquent à vie.
Il y a des étapes, comme le train fantôme de Final Fantasy 6, qui marquent à vie.

 

Découverte

Le voyageur aime la découverte, c’est même plus ou moins sa raison de vivre. Que ce soient les coutumes, la culture, les langues, l’Histoire, la religion, la Nature, les paysages ou tout simplement l’étrangeté de la bouffe, tout est bon à prendre. A peu de choses près, on retrouve toutes ces choses dans les jeux vidéo.

Bon, pas tous les jeux vidéo non plus, on va plutôt dire les jeux à univers. Il existe tout de même des mecs qui se font suer à décrire des mondes originaux, complètement inconnus, avec plusieurs peuples, basés sur une mythologie spécifique, adaptés à des régions plus ou moins rudes. L’écriture de ces univers est plus ou moins réussie et complète, mais force est de constater que le travail est souvent titanesque. Il suffit de regarder du côté des Elder Scrolls pour s’apercevoir, et encore, de l’immensité de la chose. Il y a un  passé, une Histoire sur plusieurs siècles, la faune et la flore présentent des espèces tout ce qu’il y a de plus adaptées, sur le principe de l’évolution naturelle propre à Darwin, les villes sont gigantesques, régies par des enjeux politiques, sociaux et économiques. Bref c’est d’un réalisme, ou plutôt d’une cohérence à couper le souffle. Pour le coup, il suffit de se balader un peu, parler à trois habitants de Cyrodiil, et lire un bouquin pour s’immerger en quelques instants dans le truc. D’ailleurs, chaque épisode de la série se déroule dans une région particulière de Tamriel, mais n’oublie pas pour autant ses voisins, ce qui donne vraiment l’impression de continuer un précédent voyage, de découvrir encore et toujours de nouvelles choses sur ce monde fantastique. Un travail colossal, ni plus ni moins.

L’exemple des Elder Scrolls vaut évidemment pour bien d’autres jeux. Le style classique heroic fantasy d’un Skyrim fait place aux mondes en lévitation de Baten Kaitos ou Skies of Arcadia, à la multitude de planètes aux interminables descriptions d’un Mass Effect ou encore à la vie tranquille sur l’orteil d’un robot géant de Xenoblade. Vous l’aurez compris, dès que l’on touche à l’imaginaire, il n’y a plus de limite. Là où à peu près tout est connu et reconnu sur notre bonne vieille Terre, vu et revu dans les documentaires et les bouquins, le potentiel infini de l’esprit d’un créatif amène forcément des lieux inédits à explorer. Virtuels certes, mais potentiellement vierges de toute civilisation. Un retour à la vie sauvage, à l’exploration au chapeau et au fouet, une sensation de découverte presque palpable. Un sacré voyage au-delà de tout ce que pourrait être la réalité, n’est-ce pas ?

Apprendre le Russe ou décrypter l'alphabet de Ni No Kuni ? Non, définitivement le Russe est trop dur.
Apprendre le Russe ou décrypter l'alphabet de Ni No Kuni ? Non, définitivement le Russe est trop dur.

Pour certains jeux, on retrouve également, des lieux existants ou inspirés de réels paysages. La conquête de l’Ouest américain, à dos de cheval dans Red Dead Redemption, est tout juste incroyable. On s’y croit. Il manque seulement les volées de poussière du désert dans la tronche, et l’odeur du crottin. On pourrait également parler de la série Yakuza, recréant pour l’occasion des quartiers entiers de Tokyo ou Hong Kong. Des jeux d’ambiances, réalistes, par lesquels on peut vraiment se détacher du canapé et être transporté aux côtés des personnages, vivant leur aventure dans des endroits connus.

Le désert de Mojave, version normal et version post apocalyptique (Fallout New Vegas).
Le désert de Mojave, version normal et version post apocalyptique (Fallout New Vegas).

 

Rencontre

Le voyageur aime aussi les rencontres. Malheureusement, les jeux vidéo ont un peu du mal à être vraiment intéressants au travers de leur « personnages non joueurs » (PNJ). Il existe cependant d’autres avantages, c’est qu’en général, on peut parler à tout le monde. Le bonhomme un peu bizarre tout bariolé rencontré au détour d’une rue, le vieux fou sénile (dans sa cabane au bord de l’eau, pour rappel) ou encore la bande de sales gosses qui trainent dans le quartier, il suffit de s’approcher d’eux et d’appuyer sur un bouton de la manette pour engager la conversation. Un dialogue souvent dénué d’intérêt, mais rien que le fait de pouvoir s’approcher de ces personnages virtuels et leur parler, on s’éloigne vraiment de ce que peut apporter le cinéma ou la littérature, pour se rapprocher vers une sorte de libre arbitre plus réaliste.

Après on pourrait parler des MMORPG, où l’on rencontre de vrais gens dans des faux univers, créés de toute part. Les discussions peuvent être intéressantes, c’est certain, mais le contexte est vraiment trop différent, à mon sens, pour que l’on se rapproche d’une véritable rencontre au sens « voyage » du terme. En gros, c’est un peu quand vous rencontrez d’autres touristes, vous discutez de choses et d’autres mais au final il est un peu comme vous, le clavier et les onomatopées en plus.

La série des Suikoden vous invite à rencontrer 108 compagnons au cours de votre périple.
La série des Suikoden vous invite à rencontrer 108 compagnons au cours de votre périple.

 

Logistique

Voyager au travers d’un jeu vidéo est sensiblement moins galère que dans la vie réelle, c’est un fait. Déjà, vous restez au fond de votre canapé, et comme tout le monde le sait, le canapé est le meilleur endroit du monde. Ensuite, vous portez un sac à la contenance et au poids maximum quasiment illimités. Certains jeux mettent en place des restrictions, mais ça n’empêche pas de pouvoir porter trois épées à deux mains, un set d’armure complet, douze potions et j’en passe. Dans la vraie vie, c’est un bagage de 23 kg maximum dans les avions. Sachant que contrairement aux héros de jeux vidéo, vous devez changer d’habits de temps en temps, prévoir des vêtements chauds et imperméables en cas de tempête, un peu de place pour les souvenirs ou les objets inutiles que vous croiserez en chemin, du savon pour vous laver et une plâtrée de médocs en cas de coups dur (et pas seulement pour soigner Poison, Paralysie ou Silence), inutile de vous dire que le sac à dos est vite rempli !

Ensuite vient la question du logement. En gros dans les jeux vidéo, vous dormez un peu quand vous voulez, ce qui restaure sans problème toute votre santé (et votre magie, sic !), ne coûte pas grand-chose et, surtout, les auberges ne sont jamais pleines. Bref, rien à voir avec la réalité. Je ne vais pas vous faire un dessin, mais ça fait de suite plus rêver que de dormir (ou essayer) sous la tente, emmitouflé dans un sac de couchage sarcophage, écoutant la pluie se transformer en neige au fur et à mesure que la température chute.

Et les transports, parlons-en ! Vous préférez vous taper une journée d’avion, avec un départ à 6h du matin, une belle escale au milieu, puis arriver 18 heures plus tard, sachant qu’avec le décalage horaire, c’est le début de l’après-midi là où vous atterrissez, et minuit bien passé dans votre corps, ou bien chevaucher un dragon ultra classe qui va vous emmener en moins de trois minutes exactement là où vous désirez aller ? J’attends les réponses.

Trêves de plaisanteries, on n’a pas encore parlé des randonnées. En réalité, la comparaison va être très simple, car de toute façon dans les jeux vidéo, vous pouvez courir même si la pente est rude. Dans la vraie vie, c’est tout à fait impossible, on est d’accord. Il nous manque vraiment une barre de vigueur qui se recharge rapidement, et encore plus avec un petit sort magique...

Skyrim, simulation officielle de randonnée. Il y a même les cairns pour ne pas se perdre !
Skyrim, simulation officielle de randonnée. Il y a même les cairns pour ne pas se perdre !

 

Evidemment, ce dernier paragraphe n’a aucun sens. J’y ai comparé l’incomparable en exagérant un minimum chaque trait, mais sur le principe je trouve ça très drôle et n’ose imaginer un jeu vraiment réaliste. Pour le coup le sentiment d’avoir voyagé se serait vite transformé en ennui le plus total ! Cependant ne vous y méprenez pas, même si le ton est sarcastique, je ne remets absolument pas en cause, les aléas des voyages. C’est même génial et cela contribue inévitablement à la satisfaction d’avoir vécu une véritable aventure. D’ailleurs, le but de cet article n’est pas du tout d’énoncer que voyager au travers des jeux vidéo c’est mieux, loin de là, mais de montrer que l’on peut connaitre ce sentiment d’aventure, de découverte, grâce à ce média. Un sentiment mille fois moins fort, même impossible à quantifier, que de partir pour de vrai à l’aventure, avec toutes les rencontres, sensations, odeurs et plaisirs des yeux que cela implique, mais qui a le mérite d’exister, d’être beaucoup plus accessible, financièrement et quotidiennement. Personnellement, je trouve ça plutôt chouette... Pas vous ?

 

Grâce à la magie du jeu vidéo, on peut également voyager dans le temps. Quand je vous dis que la seule limite est celle de l'imagination...
Grâce à la magie du jeu vidéo, on peut également voyager dans le temps. Quand je vous dis que la seule limite est celle de l'imagination...

 

11 réflexions sur “Peut-on voyager par l’intermédiaire du jeu vidéo ?

  1. Franchement bravo pour ton article 🙂 C’est un sujet auquel j’avais déjà réfléchi et dont je voulais parler mais pour lequel je n’ai jamais pris le temps de consacrer un texte.

    Donc déjà merci de l’avoir abordé, car personnellement j’aime autant voyager dans la vie que dans les jeux. J’ai trouvé aussi très marrant ta façon de l’aborder comme un comparatif avec la vie réelle. L’objectif étant surtout, on l’a bien compris, de faire un parallèle entre deux façons différentes d’explorer un monde/univers inconnu. Clairement pas d’évaluer quel est le meilleur moyen 🙂

    Le premier Far Cry est le premier jeu à m’avoir fait penser à cette notion de voyage, faut dire que ses paysages type « carte postale de vacances de rêve » y sont pour beaucoup. Mais ça montre le soin accordé par les développeurs depuis quelques années pour se documenter sur les lieux qu’ils représentent et les rendre tangibles dans le cas de lieux existants.

    Bref, un bien beau voyage que lire ton article 🙂

    1. Merci Alphajet 😀

      Le comparatif est tout ce qu’il y a de plus « léger », dans le sens détendu du terme. Evidemment, voyager pour de vrai est un million de fois plus stimulant que faire du bateau dans Suikoden 4 (mauvais exemple). C’est juste incomparable en réalité, mais pourtant, il y a un truc qui se dégage avec certains jeux vidéo, et c’est ce que j’ai essayé de mettre en avant avec cet article !

      Tu as tout à fait raison sur le côté « carte postale » de certains jeux. D’ailleurs, d’adore faire des captures d’écran dès que je peux dans n’importe quel jeu un minimum contemplatif, comme j’adore prendre un tas de trucs en photo quand je pars en vadrouille.

  2. Super article Sylvain, très intéressant. Et oui le train de FFVI (soupirs). Perso, c’est aussi avec les vieux RPG de la SNES que j’ai vraiment eu l’impression de faire mes premiers voyages en jeux vidéo. Et puis après il y a eut Shenmue.

    1. Salut Zure, et merci 🙂
      Tiens, c’est marrant que tu parles de Shenmue, je pensais un peu à celui là quand je parlai d’un jeu « voyage » purement réaliste dans la conclusion de l’article. Pour le coup, tu dois décomposer chaque moment de la journée dans Shenmue, Bouffer, attendre une certaine heure, bosser, dormir, discuter avec des gens, etc. Je remets pas en cause les grandes qualités de ce jeu, mais pour le coup on s’ennuie un peu je trouve au bout d’un moment ! Après j’ai jamais fait le second opus, et tout le monde s’accorde pour n’en dire que du bien 😀

      Au plaisir 🙂

  3. un article intéressant mais qui n’arrive pas vraiment à me parler ; curieux, j’aime le voyage, j’aime les jeux que tu sites mais je ne suis pas sûr d’avoir la sensation de voyager avec, enfin pas dans tous. Je crois qu’un jeu me fait voyager pour les mêmes raisons qu’un voyage me fait voyager : quand je me retrouve confronté à une univers qui m’échappent. Je n’ai pas besoin de tout connaître, tout savoir de la culture et de la géographie d’un pays pour que le souffle du voyage m’emporte, bien au contraire. Et c’est pareil dans les jeux vidéo, c’est pour ça que les jeux trop didactiques avec trop de choses à lire, trop de dialogue pour expliquer / justifier le monde tuent un peu la sensation de voyage je trouve. Et finalement le jeu qui m’a fait le plus voyager, c’est à dire le jeu qui m’a le plus donné le sentiment d’être un étranger c’est Journey. En fait c’est ça, pour qu’un jeu me donne la sensation de voyager il doit me mettre dans la peau d’un étranger et me faire percevoir le monde comme tel et trop souvent les jeux ont volonté d’immerger le joueur, de l’intégrer et je trouve que ça tue un peu le voyage mais reste alors l’aventure

    1. Oui après chacun à ses préférences de voyageur. Libre à chacun de plus ou moins se renseigner sur les us et coutumes des pays qu’il visite, de visiter ou non des musées, de parler à des gens, de lire des descriptions, etc. Cependant, j’avoue qu’au bout de quelques semaines, tu finit par être bien immergé dans la culture et à connaitre de plus en plus de choses. Sans connaitre tout, évidemment, et là on s’éloigne pas mal des jeux, pour lesquels les univers sont quand même limités à ce qui est raconté / suggéré, voire aux interviews des créateurs, alors que dans la réalité, il faut des (dizaines?) années d’études avant de bien comprendre telle ou telle culture.

      Heureusement, comme tu le dis, cela n’empêche pas de faire des voyages et d’apprendre et découvrir un million de choses. Mais c’est dur d’y rester complètement étranger au bout d’un certain temps, mais c’est vraiment mon ressenti sur ce coup là, chacun est libre 🙂

  4. Très bonne idée d’article : je trouve également que les jeux vidéo nous permettent de voyager. J’en parlais justement avec Lolita hier soir (cf Archaïc) que jouer était pour moi une façon de m’évader et de voir de nouveaux paysages et univers. J’accorde beaucoup d’importance à l’univers justement : si j’apprécie le dépaysement, en général, même si le jeu n’est pas exceptionnel, je m’y accroche. Je trouve que ça fait du bien.

    Quand je pense au nombre d’heures passées dans Morrowind… Et qu’au bout d’un moment, on se rend compte qu’on ne regarde même plus la carte pour se rendre d’une ville à l’autre, que l’on connait chaque commerçant, qu’on sait tout des maisons et que les PNJ nous reconnaissent… je trouve ça galvanisant. ^^

  5. Les jeux qui ont le plus fait voyager mon imaginaire et qui m’ont le plus deconnecté de la realité quotidienne sont surtout des anciens jeux des années 90 et debut 2000 (Myst et sa suite Riven, The nomad soul, Outcast, Final fantasy VII) , meme si quelques productions indé recentes valent aussi largement le detour (Antichamber). Finalement, des jeux dont l’aspect ludique repose moins sur les phases d’action (lequelles sont meme completement absentes de certains de ces jeux) que sur leur pouvoir d’immersion dans un monde imaginaire (via l’exploration et les interactions au sein de cet univers), et qui de plus, ne se voulant pas trop directifs, parviennent a laisser suffisamment d’espace au joueur, a sa personalité et a son imaginaire. Car c’est bien par l’imaginaire que l’on peut voyager virtuellement, et non par les yeux.

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